Les neurosciences revisitent l’apprentissage : émotions et stress au centre du débat

Bon à savoir

15/09/2008

D’autant plus qu’étudier est bel et bien un plaisir. Les neurosciences ont montré que les émotions ont un rôle crucial dans les processus d’apprentissage. Une émotion positive est à l’origine de la motivation, et la motivation est fondamentale pour avoir envie de comprendre. Le chercheur prend comme exemple ce jeu où l’enfant doit relier entre eux dans un ordre croissant des points numérotés, jusqu’à ce qu’un animal ou un parasol apparaisse.

« Cette joie de la compréhension, cet Eurêka !, lié au fait de passer de l’ignorance au savoir, est un plaisir intellectuel certain. Plus tôt on fait cette expérience, plus tôt on aura envie de recommencer. » Bruno della Chiesa distingue cette motivation, qu’il nomme « interne », d’une motivation « externe », comme un bon point ou un bonbon.

Toujours dans le registre des émotions, il semble que la mémorisation ne puisse se faire correctement en situation de stress. Les émotions sont gérées à plusieurs niveaux dans le système limbique et, lorsque l’on a peur, c’est la partie appelée amygdale qui prend le dessus. C’est elle qui nous permet de bondir au dernier moment pour éviter de se faire renverser par une voiture. L’amygdale, certes très réactive, bloque l’activité du cortex et ne permet pas de mémoriser. Verdict : apprendre dans l’angoisse ou avec un professeur qui impressionne trop ne peut pas être efficace.

Extrait de Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage
Anne-Lucie ACAR

En apprentissage, l’émotion l’emporte sur la raison
Les neurosciences et la joie d’apprendre

L’enseignement s’est longtemps abêti au voisinage de la raison pure. En rabaissant les émotions à la frivolité, on affirmait la supériorité de l’esprit dans la gouverne des choses. Pas étonnant, considérant que l’éducation a été institutionnalisée par l’Église. L’intelligence était l’affaire des hommes ; les femmes pouvaient s’adonner aux sentiments. En fin de compte, l’enseignement a fini par se détacher de la réalité. Mais depuis son émancipation récente, nous comprenons mieux le rôle fondamental de l’affectivité dans l’apprentissage.

Si la joie prolonge la vie, comme le disait Ben Sira, on peut aujourd’hui affirmer qu’elle prolonge aussi la durée des apprentissages. Les neurosciences sont désormais en mesure d’établir le rôle prédominant du plaisir dans les apprentissages durables (Educational Leadership : The Neuroscience of Joyful Education). Plusieurs aspects de nature pédagogique trouvent appui sur les neurosciences, dont la nouveauté, la réduction du stress, le jeu et la pertinence. Ces caractéristiques agissent sur la mémoire et les processus cognitifs supérieurs.

En savoir plus

Découvrez notre formation Gagnez en mieux-être : gérer votre stress et vos émotions !

TypeHorairesDates
SUR DEMANDE

Voir le détail de la formation - Inscription